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Schneider et Cantarelli

Les sports de boules ne feront pas leur entrée aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Incompréhensible. Joseph Cantarelli, président de la Fédération Française de Pétanque et de Jeu Provençal ainsi que son homologue luxembourgeois, Gérard Schneider, sont très déçus.

Par Hervé Kuc

Les sports de boules ne feront pas leur entrée aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Le surf, l’escalade, le skateboard et le breakdance ont obtenu les faveurs du COJO et des intérêts financiers de quelques bienfaiteurs. Incompréhensible. Joseph Cantarelli, président de la Fédération Française de Pétanque et de Jeu Provençal ainsi que son homologue luxembourgeois, Gérard Schneider, sont très déçus.

  • La confiance était de mise mais le Comité d’Organisation des Jeux olympiques n’a pas retenu votre discipline «sports de boules» (pétanque, jeu provençal, lyonnaise) pour les JO de 2024…

Gérard Schneider: Oui et pourtant nous réunissions tous les critères demandés. Nous sommes représentés sur les cinq continents, nous sommes attractifs, on ne coûte pratiquement rien au niveau des installations et on avait proposé une compétition mixte avec peu de joueuses et joueurs. Il était prévu que nous puissions évoluer sur le Champ-de-Mars à Paris et il suffisait d’y installer deux tribunes provisoires. Nous étions vraiment confiants.

Joseph Cantarelli: Nous sommes très déçus par rapport au travail que nous avons fourni et au dossier présenté. C’est un choc et une catastrophe pour les jeux de boules même si cela ne va pas arrêter notre plan de développement. Néanmoins, la pétanque a été créée en France, elle a ses racines ici, elle fait partie en quelque sorte de notre patrimoine et j’étais persuadé que nous allions être retenus, pour le symbole et pour tous ceux qui pratiquent notre discipline en clubs (300.000) ou en formule loisir (2 à 3 millions).

  • Estimez-vous avoir utilisé et présenté tous les arguments pour défendre votre candidature?

GS: En tant que membre de la fédération internationale j’ai participé, il y a deux ans, à un colloque à Lausanne. Il y avait vingt nouvelles fédérations sportives à prétendre faire leur entrée aux JO mais nous étions confiants car notre dossier avait recueilli un très bon accueil. Claude Azéma, le président de la Confédération Mondiale des Sports de Boules s’est donné à fond. Il a même participé aux Jeux des Petits Etats d’Europe et a visité un certain nombre de pays pour défendre notre projet. Il doit être sacrément déçu lui aussi. Peut-être que nous n’avons pas été les meilleurs dans le domaine du lobbying.

JC: Le projet fédéral était basé sur notre présence aux JO. La FFPJP a investi 50.000 euros pour la promotion de notre discipline à travers la société de communication Lunacom. D’autres nations ont également mis la main au portefeuille. Je considère que notre candidature n’a pas été rejetée mais on a perdu face aux arguments retenus par le COJO qui a mis en avant la jeunesse et le côté «urbain».

  • Ne ressentez-vous pas un sentiment de frustration ou d’étonnement de voir que le breakdance devance la pétanque?

GS: Le breakdance est-il un sport de haut niveau d’exigence? L’escalade, c’est physique, je n’ai rien à redire là-dessus. Nous, on pratique une discipline de précision, on soulève du poids toute la journée et on marche beaucoup. On ne va pas entrer en conflit avec ces disciplines choisies, mais je voudrais qu’on me démontre sur quels critères nous n’avons pas été retenus. J’attends le courrier du COJO et de Tony Estanguet.

JC: Le breakdance, je ne le connais pas en tant que discipline sportive. C’est une culture particulière, c’est plaisant à voir et d’ailleurs je crois que lorsque j’oeuvrais à Audun-le-Tiche et que nous menions des animations, il y en avait. Moi, c’est notre situation qui m’interpelle. Je siège au Comité Olympique en compagnie de toutes les autres disciplines: je ne veux pas entrer en conflit avec elles.

  • N’avez-vous pas l’impression que la pétanque vient de rater l’unique chance qui se présentait à elle de faire enfin son entrée aux Jeux olympiques?

GS: Je crois maintenant que la pétanque n’y sera jamais. En France, la pétanque arrive au 4e rang des sports pratiqués. Si les Français et le COJO ne retiennent pas cette discipline aux JO alors qu’elle a été inventée chez eux et que la France est l’une des meilleures nations au monde, qui le fera à l’avenir? D’ailleurs, je crois savoir que les Français avaient déjà fait une simulation sur le nombre de médailles qu’ils pouvaient remporter grâce à cette discipline.

JC: J’ai 71 ans et effectivement c’était une belle occasion pour moi de voir mon sport entrer aux JO chez nous, en France. Là, ça va devenir problématique. Si nous avions fait partie de l’aventure de 2024 et que l’on décidait finalement de nous en enlever en 2028, la pilule serait quand même mieux passée. Serais-je encore de ce monde le jour où la pétanque fera son apparition aux Jeux olympiques?

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